L E   F I F A
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La Pierre triste

La Pierre triste

Filippos Koutsaftis

Grèce | 2000 | 1 h 25 min
Grec |
Sous-titres : Français
Ce film fait partie de la carte blanche de Pascale Raynaud, responsable de la programmation cinéma du Louvre.

Eleusis, le chronique d’une cité.
Regards et tentatives sur des choses quotidiens, humbles et grandioses.

Eleusis, petite ville industrielle située à une vingtaine de kilomètres d’Athènes, est liée depuis les temps préhistoriques à l’un des mythes les plus en vogue chez les Anciens, celui de Déméter, déesse de l’agriculture et de la fertilité , et de sa fille Koré-Perséphone. Les fameux Mystères, célébrés à Eleusis pendant près de deux millénaires, étaient liés au cycle de la vie et donnaient aux mystes, autrement dit aux initiés, l’espoir d’affronter la mort avec sérénité et béatitude. C’est ici, nous dit la légende, que l’on cultiva pour la première fois les céréales, dons de la déesse aux habitants d’Eleusis, c’est ici aussi que ce sont développées les plus grands industries de Grèce, entraînant des conséquences désastreuses pour la région et le sanctuaire.
Cela fait dix ans que Filippos Koutsaftis filme la ville comme un pèlerin, qu’il en observe les activités quotidiennes modestes et grandioses, qu’il découvre les témoignages de son visage antique encastrés dans les murs de la vie contemporaine.
Né dans le Pilion près de Volos, il s’est lancé dans ce grand projet après avoir étudié le cinema en tant que directeur de photographie sur une quinzaine de films. La Pierre triste a remporté de nombreux prix : celui du meilleur documentaire décerné par le Ministère grec de la Culture, le prix du public, le prix de l’association des critiques grecs, ainsi que celui du Cinema Magazine au 41ème Festival International du Film de Thessalonique.

« Pourquoi ce film ? Parce qu’il est assez rare que le cinéma s’attache ainsi aux profondeurs de la terre. Assez rare qu’il s’attache avec autant de tendresse et d’opiniâtreté —douze années de tournages erratiques mais obstines dans le site d’Eleusis— a saisir ce qui survit de mystères passes, de villes enfouies, de vies enfuies. Filippos Koutsaftis a pense le cinema comme un art des survivances, une archéologie au sens plein du terme. Mais l’archéologie est un champ de batailles, et pas seulement de fouilles. Le cinéaste a bien vu que les choses survivantes se faisaient la guerre à chaque moment : choses survivantes pour tuer la mémoire (les usines pétrochimiques, l’asphalte par-dessus la Voie sacrée), contre lesquelles des êtres survivants luttent pour redonner naissance à quelque chose, comme chez cet homme qui erre parmi les pierres et en prend soin comme des enfants blessés. Tout cela guidé par un phrasé d’images si simples et de mots si profonds qui font de ce film un seul et grand-poème. » — Georges Didi-Huberman

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Réalisation

Filippos Koutsaftis

Filippos Koutsaftis

Filippos Koutsaftis est né à Zagora, Volos en Grèce en 1950. Il a débuté ses études en ingénierie mécanique puis il a poursuivit des études de cinema à Athènes. Il a travaillé comme directeur de la photographie pour un grand nombre des longs métrages grecs, ainsi que pour la télévision. Parallèlement, il a était créateur lumières pour des spectacles de théâtre, de danse contemporaine et de la musique.

Notes biographiques fournies par l’équipe du film
Hail Arcadia (2015)
To​.Ra​.Ke (2007)
Une Journée avec Minoas (1990)
Semnon Theon (1987)

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