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No Sex Last Night
Sophie Calle
Présenté en salle uniquement.
Ce film fait partie du programme Carte Blanche au Centre Pompidou.
“Nous vivions ensemble depuis un an, mais notre relation s’était dégradée. Nous avions totalement cessé de nous parler. Je rêvais de l’épouser. Il rêvait de faire du cinéma. Pour l’inciter à traverser l’Amérique avec moi, j’avais proposé que nous réalisions un film durant le voyage. Il avait accepté. Le 3 janvier 1992, nous avons quitté New York, dans sa Cadillac grise en direction de la Californie.”– Sophie Calle
À partir de la fin des années 1970, Sophie Calle développe une œuvre d’inspiration auto-biographique utilisant la photographie, le film, le texte et le dispositif de l’installation pour construire des auto-fictions ludiques et mélancoliques dans lesquelles elle traite de l’intime, de la rencontre, du désir, de l’absence, du deuil et de la mémoire dans le style descriptif du reportage ou de l’inventaire. En 1992, avec Gregory Shephard, l’homme qu’elle aime, l’artiste part pour un road movie de la côte Est vers la côte Ouest des Etats-Unis, à destination de Las Vegas, où ils projettent de se marier. Le film montre les points de vue entremêlés des deux protagonistes se filmant mutuellement au moyen de caméras vidéo pendant les trois semaines que durera leur voyage, à l’intérieur de leur Cadillac et dans les nombreux motels où ils s’arrêtent. « Nous parlons chacun presque exclusivement à notre caméra, parce que notre relation s’était dégradée au point que nous ne nous adressions plus la parole. Manque de dialogue, manque de technique, tout est venu de là ». Chaque matin, Sophie Calle enregistre un plan de lit défait tandis que l’on entend sa voix prononcer les mots : « No Sex Last Night ». À l’issue du voyage, leur mariage à Las Vegas mettra fin à leur relation. No Sex Last Night est donc le récit d’un deuil : celui de la relation avec l’aimé, mais aussi celui de son ami l’écrivain Hervé Guibert, dont elle apprend le décès au commencement du voyage, au moment où elle décolle de l’aéroport d’Orly. No Sex Last Night renoue ainsi avec la tradition élégiaque dont Dante, avec la Vita Nova, récit d’amour et de deuil écrit en langue vulgaire, avait jeté les bases dans la littérature moderne occidentale. Le film, construit en miroir à partir de deux points de vue antagonistes, sera diffusé en deux versions différentes : l’une, transférée en 35 mm et distribuée en salle (No Sex Last Night), la seconde, intitulée Double Bind, étant destinée à l’exposition.
Cartel de l’oeuvre :
CALLE Sophie, SHEPHARD Gregory
No Sex Last Night, 1995
Film 35mm numérisé, couleur, sonore, 1h16min
Film 35mm couleur, sonore
Achat en 1999
Centre Pompidou, Paris
Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle
Informations complémentaires :
Production : Paolo Branco Bohen Foundation, Jean-Pierre de Fleurieu
Post Production : San Fransisco Art Space
Editeur : Michael Penhallow, Konrad Broman
Mixage : Brooks Williams at Harmonic Ranch
Adaptation musicale : Bouchra Alami
Cinéma, Film
durée : 76’
Copyright de l’oeuvre : Adagp, Paris, droits réservés
n. inventaireL AM 1999-F1402
Valeur d’assurance : 0 EUR (19÷12÷2024)
Format projection : 1,66
Ce film fait partie du programme Carte Blanche au Centre Pompidou.
“Nous vivions ensemble depuis un an, mais notre relation s’était dégradée. Nous avions totalement cessé de nous parler. Je rêvais de l’épouser. Il rêvait de faire du cinéma. Pour l’inciter à traverser l’Amérique avec moi, j’avais proposé que nous réalisions un film durant le voyage. Il avait accepté. Le 3 janvier 1992, nous avons quitté New York, dans sa Cadillac grise en direction de la Californie.”– Sophie Calle
À partir de la fin des années 1970, Sophie Calle développe une œuvre d’inspiration auto-biographique utilisant la photographie, le film, le texte et le dispositif de l’installation pour construire des auto-fictions ludiques et mélancoliques dans lesquelles elle traite de l’intime, de la rencontre, du désir, de l’absence, du deuil et de la mémoire dans le style descriptif du reportage ou de l’inventaire. En 1992, avec Gregory Shephard, l’homme qu’elle aime, l’artiste part pour un road movie de la côte Est vers la côte Ouest des Etats-Unis, à destination de Las Vegas, où ils projettent de se marier. Le film montre les points de vue entremêlés des deux protagonistes se filmant mutuellement au moyen de caméras vidéo pendant les trois semaines que durera leur voyage, à l’intérieur de leur Cadillac et dans les nombreux motels où ils s’arrêtent. « Nous parlons chacun presque exclusivement à notre caméra, parce que notre relation s’était dégradée au point que nous ne nous adressions plus la parole. Manque de dialogue, manque de technique, tout est venu de là ». Chaque matin, Sophie Calle enregistre un plan de lit défait tandis que l’on entend sa voix prononcer les mots : « No Sex Last Night ». À l’issue du voyage, leur mariage à Las Vegas mettra fin à leur relation. No Sex Last Night est donc le récit d’un deuil : celui de la relation avec l’aimé, mais aussi celui de son ami l’écrivain Hervé Guibert, dont elle apprend le décès au commencement du voyage, au moment où elle décolle de l’aéroport d’Orly. No Sex Last Night renoue ainsi avec la tradition élégiaque dont Dante, avec la Vita Nova, récit d’amour et de deuil écrit en langue vulgaire, avait jeté les bases dans la littérature moderne occidentale. Le film, construit en miroir à partir de deux points de vue antagonistes, sera diffusé en deux versions différentes : l’une, transférée en 35 mm et distribuée en salle (No Sex Last Night), la seconde, intitulée Double Bind, étant destinée à l’exposition.
Cartel de l’oeuvre :
CALLE Sophie, SHEPHARD Gregory
No Sex Last Night, 1995
Film 35mm numérisé, couleur, sonore, 1h16min
Film 35mm couleur, sonore
Achat en 1999
Centre Pompidou, Paris
Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle
Informations complémentaires :
Production : Paolo Branco Bohen Foundation, Jean-Pierre de Fleurieu
Post Production : San Fransisco Art Space
Editeur : Michael Penhallow, Konrad Broman
Mixage : Brooks Williams at Harmonic Ranch
Adaptation musicale : Bouchra Alami
Cinéma, Film
durée : 76’
Copyright de l’oeuvre : Adagp, Paris, droits réservés
n. inventaireL AM 1999-F1402
Valeur d’assurance : 0 EUR (19÷12÷2024)
Format projection : 1,66
Réalisation | Sophie Calle, Greg Shephard |
Scénario | Sophie Calle, Greg Shephard |
Montage | Michael Penhallow |
Musique | Pascal Comelade |
Séance
• Cinéma du Musée - Auditorium Maxwell-Cummings
Dimanche 16 mars 2025, 20:00 — 21:26
Réalisation
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Sophie Calle
Née en 1953 à Paris, Sophie Calle part au début des années 70 pour un long périple à travers le monde. C’est lors d’un séjour en Californie en 1978, qu’elle prend ses premières photographies « sans vocation » : des tombes portant l’inscription « Father » et « Mother ». Elle vient de découvrir ce qui pourrait « plaire à son père ». À son retour à Paris, elle commence ses premières filatures d’inconnus dans la rue, dérive contrôlée dans la ville, qu’elle agrémente de photographies et de textes, consignés dans des carnets. Le travail de Sophie Calle a pu ainsi être apparenté à celui des artistes des années 60 – 70, où le statut de l’image photographique concernait la trace, la preuve objective de leurs expériences et de leurs performances. Son œuvre se rapproche davantage en fait d’un art narratif, issu lui aussi de la même période. Sophie Calle s’est engagée dans les années 80 dans une voie spécifique, qui donne une place importante à l’affect et au sentiment. L’artiste construit des règles du jeu et des rituels dans le but d’améliorer sa vie, de lui rendre sa dimension existentielle. Sous la forme d’installations, de photographies, de récits, de vidéos et de films, Sophie Calle construit, depuis plus de vingt ans, des situations où elle se met en scène sur un mode autobiographique et selon des règles précises. En 2007, Sophie Calle représente la France à la Biennale de Venise.
Notes biographiques fournies par l’équipe du film et éditées par Le FIFA
Notes biographiques fournies par l’équipe du film et éditées par Le FIFA
Unfinished (2005)